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Comparaison internationale

La Suisse tombe au 4e rang mondial pour la retraite. Le point faible est le bien-être matériel.

Natixis Investment Managers a publié le 23 septembre les résultats suisses de son Global Retirement Index 2026. La Suisse quitte le podium au profit des Pays-Bas et se classe 4e sur 44 pays. Le classement reste flatteur, mais le détail des sous-indices dit autre chose.

Par Elio Brunet Lecture : 3 minutes 4 sources citées Chiffres arrêtés au 31 mai 2026
Couple de retraités marchant sur un sentier de campagne suisse par temps clair

Ce qu'il faut retenir

  • La Suisse obtient un score global de 79 % et se classe 4e sur 44 pays, derrière la Norvège, l'Irlande et les Pays-Bas. Elle occupait le 3e rang avec 81 % l'an dernier.
  • Elle reste 3e pour les finances à la retraite et 2e pour la santé, où son espérance de vie est la première au monde. La qualité de vie la place au 8e rang.
  • Le recul vient du bien-être matériel : huit places perdues, au 15e rang. Le facteur chômage fait passer la Suisse du 1er au 21e rang, ce que Natixis qualifie de revirement exceptionnel.

Ce que dit le classement

La Suisse obtient un score global de 79 % et se classe au 4e rang des 44 pays étudiés. Elle sort du podium au profit des Pays-Bas, qui signent la plus forte progression du top 10. La Norvège conserve la première place devant l’Irlande, et le Danemark suit la Suisse au 5e rang.

Le recul est mince en apparence. Les scores publiés étant arrondis, les Pays-Bas et la Suisse affichent tous deux 79 % malgré leur différence de rang. L’an dernier, la Suisse était 3e avec 81 %.

Le pays figure dans le top 10 de trois des quatre dimensions analysées : 2e pour la santé, 3e pour les finances à la retraite, 8e pour la qualité de vie. C’est la quatrième qui décroche.

Le bien-être matériel décroche de huit places

La Suisse passe du 7e au 15e rang sur ce sous-indice, avec un score qui recule de 80 % à 68 % selon les chiffres relayés par la presse alémanique. Ce sous-indice mesure trois choses : le revenu par habitant, la répartition des revenus et le chômage.

C’est le chômage qui fait le gros du mouvement. La Suisse était première mondiale sur ce facteur l’an dernier, elle tombe au 21e rang, un revirement que Natixis qualifie d’exceptionnel. Le taux de chômage cité est de 2,8 %, un niveau qui resterait enviable ailleurs mais qui marque une rupture pour la Suisse.

Les explications avancées renvoient au contexte des derniers mois : les droits de douane américains, la vigueur du franc et les effets de la fusion UBS-Credit Suisse sur l’emploi. L’étude elle-même ne détaille pas les causes du recul.

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Ce que ce recul dit de l’épargne individuelle

Un classement international n’est pas un diagnostic personnel, et il faut le prendre pour ce qu’il est : un indicateur de contexte. Mais il pointe une mécanique concrète.

Le bien-être matériel mesure la capacité à épargner pendant la vie active. Quand il se dégrade, ce sont les versements volontaires qui trinquent en premier, avant les cotisations obligatoires. Le pilier 3a est précisément la part de la prévoyance qui dépend d’un arbitrage personnel chaque année, contrairement à l’AVS et au 2e pilier prélevés sur le salaire.

L’autre signal vient du rendement. L’étude relève que le point faible des finances à la retraite en Suisse tient à la faible rémunération de l’épargne. Le même jour, la Banque nationale suisse a maintenu son taux directeur à 0 %, ce qui ne laisse pas espérer de redressement rapide des taux servis sur les comptes d’épargne et les comptes 3a.

La santé reste le point fort

Le 2e rang mondial en matière de santé repose notamment sur l’espérance de vie, où la Suisse est première. C’est une bonne nouvelle qui pose une contrainte : une retraite plus longue exige un capital plus important pour le même niveau de vie.

Cette contrainte se gère au moment des versements, pas au moment du départ. Un 3a investi en titres et un 3a laissé sur un compte d’épargne ne produisent pas le même résultat sur trente ans, et l’écart se creuse d’autant plus que les taux restent bas.

Ce qu’il faut en retenir

La Suisse reste dans le peloton de tête, et rien dans ce classement ne signale une défaillance de son système de prévoyance. Ce qui change, c’est l’environnement autour : un marché du travail moins protecteur et une épargne peu rémunérée.

Les deux facteurs poussent dans la même direction, celle d’une prévoyance individuelle qui pèse davantage. Cela ne se traduit pas en décision au lendemain d’un classement, mais cela se vérifie sur un relevé de versements 3a et sur le rendement réellement servi par le support choisi.

Vos questions

Sur quoi repose ce classement ?

Sur 18 indicateurs regroupés en quatre sous-indices : les finances à la retraite, le bien-être matériel, la santé et la qualité de vie. L'indice est développé par Natixis Investment Managers avec CoreData Research et porte sur 44 pays. L'analyse de l'édition 2026 a été conduite entre mars et mai 2026.

Pourquoi le chômage pèse-t-il dans un classement sur la retraite ?

Parce que le sous-indice du bien-être matériel mesure trois facteurs : le revenu par habitant, sa répartition et le chômage. Un marché du travail qui se dégrade réduit la capacité d'épargne pendant la vie active, donc les ressources disponibles à la retraite. La Suisse passe du 1er au 21e rang sur ce seul facteur.

La Suisse reste-t-elle bien placée sur le plan financier ?

Oui, elle conserve le 3e rang mondial pour les finances à la retraite. La faiblesse relevée dans ce domaine porte sur la rémunération de l'épargne, un point qui ne surprendra pas : la Banque nationale suisse a maintenu son taux directeur à 0 % le 24 septembre 2026.

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