Cet article fait partie du dossier 3e pilier : le guide pose le cadre d'ensemble, chaque article en détaille un volet.
Comment le capital du 3e pilier est imposé au moment du retrait
Le capital retiré d’un pilier 3a est imposé séparément de vos autres revenus, une seule fois, l’année du versement, à un taux réduit par rapport au barème ordinaire. La Confédération retient un cinquième de ses barèmes ; le canton et la commune appliquent leur propre tarif, et c’est là que tout se joue.
Cette page se concentre sur les chiffres. Le mécanisme d’ensemble, fenêtre de retrait ordinaire, portes de sortie anticipée et stratégie d’échelonnement, est posé dans le guide du 3e pilier.
Les barèmes cités ci-dessous proviennent de la brochure fiscale de l’Administration fédérale des contributions consacrée à l’imposition des prestations en capital de la prévoyance, établie pour la période fiscale 2025. Les prestations sont imposables en totalité, et la brochure précise pour la Confédération : « imposition distincte des autres revenus sur la base du taux représentant le cinquième des barèmes de l’impôt sur le revenu ». Ce cinquième fédéral s’ajoute à l’impôt cantonal et communal, quel que soit le canton.
Les barèmes de Vaud, Genève, Valais et Fribourg
Chacun des quatre cantons romands couverts ici suit sa propre logique, toujours selon la même brochure AFC 2025 :
| Canton | Mode d’imposition du capital |
|---|---|
| Vaud | Un cinquième des taux de l’impôt ordinaire sur le revenu, appliqué séparément |
| Genève | Un cinquième du taux correspondant au barème de base ; pour les époux vivant en ménage commun, le taux retenu est celui qui correspond à la moitié du capital |
| Valais | Capital converti en rente selon le tableau de l’AFC, imposé au taux du barème ordinaire correspondant, avec un plancher de 2 % et un plafond de 4 % |
| Fribourg | Taux effectifs par tranches : 1 % jusqu’à 50 000 francs, puis 2 %, 3 % et 4 % par tranche de 50 000 francs, 5 % au-delà de 200 000 francs |
Une précision de lecture compte beaucoup : à Vaud, Genève et en Valais, ces taux sont des taux de base, qui doivent encore être multipliés par les coefficients annuels du canton et de la commune pour donner l’impôt réellement dû. Fribourg, lui, publie des taux effectifs, directement appliqués au capital.
Fribourg prévoit en outre une déduction de 10 000 francs sur les prestations versées aux personnes mariées vivant en ménage commun et aux contribuables élevant seuls des enfants, et exonère les prestations dont le total annuel net reste sous 10 000 francs. Le Valais, de son côté, réduit l’impôt dû de 2 %, au maximum 2 450 francs, pour ces mêmes catégories de contribuables.
Un exemple vaudois, déroulé pas à pas
Prenons un cas volontairement simplifié, aux chiffres hypothétiques. Une personne seule domiciliée dans le canton de Vaud retire 100 000 francs de son compte 3a. Le fisc vaudois cherche d’abord le taux que le barème ordinaire appliquerait à ce montant : supposons, pour l’exemple, un taux de base de 10 %. L’impôt de base sur le capital est calculé au cinquième de ce taux, soit 2 %, ce qui donne 2 000 francs. Ce montant est ensuite multiplié par les coefficients annuels du canton et de la commune : avec un coefficient cantonal de 155 % et un coefficient communal de 70 %, hypothèses posées pour l’illustration, la facture cantonale et communale atteindrait 4 500 francs. S’y ajouterait l’impôt fédéral direct, calculé au cinquième du barème fédéral sur le même capital.
Seuls le mécanisme et le cinquième vaudois sont tirés de la brochure AFC ; les taux et coefficients chiffrés de cet exemple sont des hypothèses d’école. Pour votre commune et votre situation, vous pouvez chiffrer l’impôt de votre propre retrait, puis confirmer le résultat sur les outils de l’administration cantonale ou avec un conseiller.